SSA16 – Histoire et avenir
SSA16 – Histoire, résultats, avenir…
Cette expérimentation a fonctionné : elle a amélioré l’alimentation, la santé, le lien social, l’économie locale. Pourtant, sans explication, la phase 2 a été stoppée net. Voici les faits.
Pourquoi une SSA en Charente ?
L’expérimentation charentaise de Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA) est née d’un constat simple : l’alimentation est un déterminant majeur de santé, mais les inégalités d’accès à une alimentation de qualité restent profondes. Le projet local – co-construit entre le Conseil départemental de la Charente, le CREPAQ, le SCCUC et La Bulle – visait à garantir à chacun un accès digne, libre, non stigmatisant à une alimentation choisie, durable et locale.
En octobre 2024, 150 foyers – 75 étudiants et 75 allocataires du RSA en situation de monoparentalité – ont été tirés au sort parmi les volontaires et ont rejoint l’expérimentation. Tous ont reçu 100 Bulles par mois, contre une cotisation allant de 10 à 20 euros mensuels, à dépenser dans des commerces locaux et biologiques. Des ateliers, temps d’échange et groupes citoyens ont accompagné le dispositif.
Une population jeune, mixte et représentative de la précarité alimentaire
L’objectif n’était pas de distribuer une aide alimentaire mais de tester un droit universel à l’alimentation : chacun participe et cotise selon ses moyens.
– 163 participants (84 allocataires RSA, 79 étudiants)
– 75 % de femmes, 22 % d’hommes
– Âge moyen : 28,8 ans
– 1,63 enfant en moyenne dans les familles RSA monoparentales
– 49 % des participants engagés sur plus de 11 mois
L’analyse montre une accumulation de vulnérabilités : isolement, contraintes budgétaires, déséquilibre alimentaire, sédentarité, perte d’estime de soi. Ce sont exactement les publics concernés par une politique alimentaire universelle.
La démarche a volontairement ciblé les personnes les plus isolées, nécessitant l’accompagnement des travailleurs sociaux qui ont informé et soutenu les publics éloignés.
Effets observés : alimentation, santé, habitudes de vie
1. Mieux manger, et différemment
Les analyses du premier questionnaire montrent :
– 11,5 % consomment ≥5 fruits et légumes/jour
– plus d’un tiers restent sous les 2 portions
– forte confusion autour des féculents, notamment chez les étudiants
Les ateliers ont permis d’agir sur les CAP (connaissances–attitudes–pratiques).
2. Santé ressentie, énergie, sédentarité
Les premiers retours montrent : réduction de la fatigue, meilleur rythme alimentaire, plus de produits frais, regain de motivation à cuisiner et baisse du renoncement.
3. Revalorisation de soi et dignité alimentaire
Pouvoir choisir, cuisiner pour ses enfants, se sentir légitime dans des commerces jusqu’ici inaccessibles : la dignité alimentaire est un effet majeur observé.
Une dynamique collective inédite
1. Gouvernance démocratique : le comité citoyen
Le comité citoyen a co-construit les règles, choisi les ateliers, ajusté la liste des commerces conventionnés et fait remonter les besoins.
2. Un écosystème de coopération
L’expérimentation a fédéré producteurs, commerçants, associations, travailleurs sociaux, étudiants, bénévoles et institutions publiques.
Réinsertion sociale, liens humains, sortie de l’isolement
Les ateliers ont généré : création de liens durables, réduction de l’isolement, reprise d’activités sociales, entraide et regain de stabilité émotionnelle.
Une politique publique efficace, peu coûteuse et rapide d’impact
1. Coûts réels et modèle économique consolidé
– 132 000 € investis ont permis de créer 150 000 Bulles.
– 13,6 % d’autofinancement via les cotisations des participants.
– 33 rejets de prélèvement (390 € au total).
Le modèle est robuste, stable et partiellement autofinancé.
Des pistes d’autofinancement supplémentaires étaient engagées :
• Abondement État–Département (1 pour 1) permettant un financement de 150 à 300 foyers.
• Proposition des participants d’augmenter les cotisations (11 € à 25 €).
• Système de surcotisation volontaire (110 à 150 € pour 100 Bulles).
• Dons d’entreprises défiscalisés.
Tableau 1 - Scénarios d’autofinancement
Les coûts réels :
– 40 000 € de développement numérique (gestion des comptes, prélèvements, application),
– 10 000 € de fonctionnement RH pour la première année.
Ces 50 000 € représentent l’infrastructure d’une politique publique durable, non des coûts récurrents.
2. Le rôle stratégique de la monnaie locale : un levier économique et démocratique
La Bulle n’est pas un simple moyen de paiement : c’est un outil politique. Une monnaie locale structure l’économie locale là où l’euro s’échappe vers les centrales d’achat. Les études du Mouvement SOL montrent qu’1 € converti génère 25 à 55 % de richesse supplémentaire sur le territoire. Dans la SSA : 58 % des dépenses se font chez des commerçants locaux (contre 10 à 20% dans les autres SSA).
Avec la Bulle, les participants deviennent acteurs de l’économie réelle. En octobre 2025, l’Assemblée nationale a reconnu officiellement les monnaies locales comme outils stratégiques de transition écologique et alimentaire.
3. Une consommation locale, qualitative et unique en France
– 43 commerces conventionnés
– 4 367 transactions
– Panier moyen : 28 €
- 0 % moyenne distribution
- 0 % dans la malbouffe
- 42 % moyenne distribution bio
- 28 % commerces indépendants
- 14 % marchés
- 8 % producteurs direct
Le résultat : un basculement massif vers les circuits courts.
4. Impact écologique et réduction de la charge mentale alimentaire
La SSA réduit les transports, soutient les producteurs locaux et, via le dépôt à la Nef, finance des projets écologiques. Elle réduit aussi la charge mentale alimentaire : moins de renoncement, plus de sécurité, meilleure organisation des repas.
5. Une politique qui touche plus de 300 personnes
163 participants + enfants du foyer → plus de 300 personnes réellement concernées.
6. Effets rapides sur la santé et la qualité de vie
Amélioration de l’alimentation, montée en compétences, regain d’énergie, baisse du stress alimentaire, dynamisme collectif, démocratie alimentaire active.
Soutenir l’ASSA : signer la pétition
Parce que l’alimentation est un droit fondamental et que cette expérimentation fonctionne, nous invitons chacun à signer et partager la pétition en cliquant sur le lien ci-dessous.
Marine Grosset, Ambassadrice Bulle



