Un système alimentaire pour une alimentation de qualité pour tous, aujourd’hui et demain
Un système alimentaire englobe la production primaire mais également les chaînes d’approvisionnement alimentaire qui se terminent par la distribution aux points de vente au détail ou aux consommateurs. Les acteurs du système alimentaire sont très divers :
- Les producteurs primaires qui fournissent les intrants
- Les services de post-récolte, de stockage, de transformation des aliments et de transport
- Les distributeurs, les grossistes et les détaillants de produits alimentaires
Et enfin, les ménages et les individus, en tant que consommateurs finaux.
Il comprend également des dimensions plus abstraites mais tout aussi essentielles : les choix et les cultures alimentaires. Les valeurs, les croyances et les normes sociales relatives à l’alimentation. Tous ces aspects jouent un rôle important dans la détermination de ce que les gens mangent et de ce qu’ils attendent de l’alimentation, et orientent donc le fonctionnement du système alimentaire
Alors que la population mondiale augmente, il apparaît de plus en plus clairement que le système alimentaire développé dans les pays occidentaux au XXe siècle, et imposé dans de nombreuses parties du monde, n’est pas durable en termes de consommation des ressources naturelles, d’impacts sur le climat et sur la biodiversité ou encore de santé.
Ses impacts négatifs suscitent des doutes croissants quant à son efficacité économique réelle.
Notre alimentation actuelle n’est pas durable. Son rôle dans les maladies dites de pléthore est bien documenté, de même que son implication dans le réchauffement climatique et dans le déclin de la biodiversité.
L’inflation alimentaire que nous traversons témoigne d’un système alimentaire à la dérive. À un bout de la chaîne, un agriculteur ou une agricultrice sur cinq vit sous le seuil de pauvreté en France (Source : INSEE). À l’autre bout, près d’1 personne sur 3 déclare devoir sauter un repas par manque d’argent et des millions de personnes sont confrontées à la précarité alimentaire.
L’aide alimentaire en France a quasiment doublé en dix ans, avec déjà 7 millions de personnes qui y avaient recours en 2020. Or, pour les personnes les plus précaires, plus les budgets sont serrés, plus il est difficile de consommer des aliments de bonne qualité nutritionnelle.
C’est notamment à cause de cela que les personnes les plus précaires sont aussi les premières victimes de maladies liées à une mauvaise alimentation.
Tandis que les géants de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution imposent une offre alimentaire dégradée et profitent de l’envolée des prix, sans que les pouvoirs publics interviennent. Finalement, les coûts (de santé, sociaux, environnementaux) de ce système qui ne profite qu’à quelques-uns sont de plus en plus lourds.
De vraies politiques de prévention de la précarité alimentaire doivent être mises en œuvre, avec davantage de soutien public, notamment financier, pour aider au développement des nombreuses alternatives et dispositifs locaux en cours.
Parmi les initiatives qui apparaissent comme des leviers : les épiceries sociales et solidaires proposant des tarifs différenciés, les groupements d’achats, les paniers solidaires, les monnaies locales, la création d’une sécurité sociale de l’alimentation.
Parmi les solutions émergentes, le projet de Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) est particulièrement intéressant. Ce projet vise à faciliter un accès économique, physique et social, à des produits alimentaires conventionnés, basé sur une allocation alimentaire universelle financée selon un modèle contributif (par cotisation sociale) similaire à celui de la Sécurité sociale. Conventionner un choix de produits constitue un levier de transformation du système de production agricole et alimentaire en orientant vers les critères de qualité définis collectivement et démocratiquement.
Marine Grosset, Ambassadrice Bulle




